Incendie de la Radio Télé Kiskeya, des organisations de la société civile dénoncent le laxi

Après l’incendie qui a dévasté la

, des organisations de la société élèvent la voix pour dénoncer la nonchalance des institutions vis-à-vis de la sécurité des vies et des biens de la population. Pour Solidarité fanm ayisyèn (Sofa), l’incendie qui a ravagé la Radio Télé Kiskeya dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 décembre 2018 montre la fragilité d’Haïti. L’organisation féministe s’interroge sur le nombre d’heures pris par les sapeurs-pompiers pour arriver sur les lieux. Ils ont mis plus de deux heures pour arriver sur les lieux alors que la distance entre les deux bâtiments est de quelques minutes à pied, a indiqué la Sofa, dans un communiqué de presse.

Déplorant le fait que le pays n’ait même pas un service de pompiers efficace, la Sofa souhaite que ce drame soulève la conscience des responsables de l’État. « Qui aimerait investir dans un pays qui n’offre aucune sécurité? », se demande la Sofa, appelant à une "enquête crédible" pour faire jaillir la lumière sur cette tragédie. Elle invite toute personne ayant une expertise en recherche de causes d’incendie, les investigateurs distingués et le voisinage de la radio à collaborer dans ce dossier. Elle encourage les amis de la Radio Télé Kiskeya à mettre à sa disposition des enregistrements d’émission, communiquer et éditoriaux des premières années de la station. Une démarche, selon la Sofa, qui viserait à construire le patrimoine immatériel de la radio et lui permettre de demeurer pour les étudiants un espace de recherche sur la radiodiffusion durant ces 30 dernières années.

Le Collectif Défenseurs Plus, pour sa part, condamne le laxisme des autorités étatiques à la suite de l’incendie qui a tout emporté de la Radio Télé Kiskeya. L’organisme de défense des droits humains avance que « les autorités haïtiennes priorisent des champs non productifs au lieu de faire des investissements durables pouvant assurer la sécurité des vies et des biens dans le pays ». Il fustige aussi les responsables de sapeurs-pompiers de Port-au-Prince qui ne sont pas intervenus à temps en vue d’épargner cette tragédie, après environ deux heures d’appel au secours.

D’après le Collectif Défenseur Plus, les autorités établies seraient incapables de garantir une protection minimale des entreprises publiques et privées dans le pays. Si les institutions du pays étaient bien équipées, on aurait évité les dégâts, dénote l’organisme de promotion et de défense des droits humains. Tout en renouvelant sa ferme solidarité avec l’équipe de Radio Télé Kiskeya, le Collectif Défenseurs Plus invite les autorités compétentes à diligenter une enquête afin d’établir la nature de cet incendie.

12 visualizaciones0 comentarios